
Quand le désir se met au frais
Il y a des moments où l’on ne renonce pas au désir. On lui demande seulement d’attendre à l’ombre, le temps que le corps retrouve l’envie d’être touché.
RÉFLEXION ET MINOUTAGE
Mina Cambrai
8/15/2026


Entre ma vie personnelle, ma vie professionnelle, mes différents projets et cette foutue canicule qui dure, je ressens le besoin d’une pause.
Alors je fais une pause dans mes interactions avec les hommes, ma recherche de minous et les rencontres. Et entre nous, août n’est pas le meilleur mois pour des rencontres qualitatives. Les hommes confondent souvent légèreté avec non-implication totale. Que ce soit en termes de conversation, de présence effective ou de plaisir donné à l’autre. Sans compter que lorsqu’on habite en région touristique, beaucoup ne sont que de passage et cherchent clairement plus à se vider qu’à partager. Ce qui ne m’intéresse pas, aussi physiquement intelligents et bien membrés soient ces hommes.
Il s’agit donc d’une pause volontaire, très corporelle, très saisonnière, très lucide. Mon désir existe encore, mais je n’ai pas envie de logistique, d’inconnus, de chaleur, de draps moites, de corps à découvrir alors qu’il fait 30° C dans l’appart.
La canicule rend le sexe avec des inconnus moins séduisant.
Pas parce que le sexe est moins bon en été, mais parce qu’un inconnu demande de l’énergie : se préparer, accueillir ou se déplacer, supporter la chaleur, gérer le corps de l’autre, les odeurs, la transpiration, le rythme, l’après. Quand on est déjà occupée et écrasée par la chaleur, ça devient moins un plaisir qu’une charge. Et le combo visage qui dégouline avec les cheveux qui collent, j’ai l’impression de perdre 10 points d’aura d’un coup !
Le désir mature sait attendre.
On peut croire qu’il faut répondre vite à l’envie, ne pas louper l’occasion, rester « active » et entretenir les liens déjà créés quitte à les porter seule. Continuer aussi à swiper, chercher, voire chasser sur les applications pour ne pas rater celui qui nous donnera l’envie. Mais mon désir n’a pas besoin d’être entretenu par des rencontres constantes pour exister. Ça ne m’empêche pas de jouir quotidiennement, seule.
La pause peut être une forme de sélection.
Quand on n’a pas l’énergie, seuls les vrais élans restent désirables. Le tiède tombe tout seul. Le « pourquoi pas » ne suffit plus. Et franchement, c’est parfois très reposant. Ça me permet aussi de constater qu’il y a beaucoup de tiède autour de moi.
Je n’ai pas mis mon désir en pause parce qu’il s’est éteint.
Je l’ai mis à l’ombre parce qu’il faisait trop chaud pour le gaspiller.
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